Propre (adjectif)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui appartient exclusivement à une personne ou à une chose. "C'est son fils. Il y a mis son bien. Ses s amis étaient contre lui. Il n'entend pas ses s affaires, ses s intérêts. Je l'ai vu de mes s yeux. Je l'ai entendu de mes s oreilles. Je le sais par ma expérience. Écrire de sa main. Remettre quelque chose à quelqu'un en mains s. Il a fait cela de son mouvement. On ne peut être juge dans sa cause. La poésie a son charme . La prose a une cadence qui lui est . J'en fais mon affaire ." Dans cette dernière phrase, il est employé par une sorte de redondance pour donner plus d'énergie à la phrase.
En termes de Grammaire, "Nom ", Nom qui ne convient qu'à une seule personne ou à une seule chose; il est opposé à "Nom commun. Les noms de famille, de pays, de fleuves, de montagnes, etc., comme Buffon, Paris, la Seine, les Alpes, etc., sont des noms propres."
"Le sens, la signification d'un mot," Le sens réel d'un mot, à la différence du "Sens figuré," Celui qu'un mot ne reçoit que par métaphore. "Dans le sens , ce mot signifie telle chose et dans le sens figuré telle autre." On dit aussi absolument et substantivement : "Le . Le et le figuré. Prendre un mot au ."
"Le mot, l'expression, le terme ," Le mot, l'expression, le terme qui seul rend exactement l'idée. "Il s'est servi du mot . Trouver l'expression , le mot ."
"Cette langue n'a pas de mot , de terme pour désigner telle chose," Elle n'a pas de mot qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.
En termes d'Astronomie, "Le mouvement d'un astre," Le mouvement réel d'un astre, par opposition au "Mouvement apparent".
"Amour-propre." Voyez ce mot à son rang alphabétique.
PROPRE signifie encore Même, exactement semblable. "Il a dit cela en ces s termes. C'est, en s termes, ce qu'il a répondu. Je vous rapporte ses s paroles".
PROPRE se dit des Personnes et signifie Qui a l'aptitude, les qualités, les talents nécessaires pour réussir en quelque chose. "Propre à la guerre." Substantivement et familièrement, "Un à rien."
Prov., "Quand on est à tout, on n'est à rien" ou, simplement, "Propre à tout, à rien".
PROPRE se dit aussi des Choses et signifie Qui est convenable à quelqu'un ou à quelque chose. "Rien n'est plus à les réunir que votre présence. Il n'a aucune des qualités s au commandement."
Il signifie spécialement Qui peut servir, qui est d'usage à certaines choses. "Ce bois est à la construction. Cette herbe est aux usages médicinaux. Le calme de la campagne est à calmer les nerveux."
Il s'emploie encore en parlant de Ce qui peut produire un effet fâcheux, nuisible. "Ce remède n'est qu'à le rendre encore plus malade."
Il signifie quelquefois non seulement Convenable, mais encore Seul convenable. "Le sable est le terrain de cette plante".
PROPRE signifie aussi Qui est bien nettoyé, bien lavé, bien tenu. "Cet enfant est très , n'est pas . Avoir les mains s. Mettre une chemise . Être sur soi. Cette chambre, cet escalier n'est pas ". Fig., "Cette affaire n'est pas ".
PROPRE s'emploie encore comme nom masculin et se dit de la Qualité particulière qui désigne un sujet et qui le distingue de tous les autres. "C'est le de notre espèce de" "penser et de parler. Rire est le de l'homme."
Il se dit aussi de Ce qui convient particulièrement à chaque profession, à chaque caractère, à chaque âge, etc. "Le de l'esprit scientifique est la curiosité et l'amour du vrai. C'est le des jeunes gens d'être entiers dans leurs jugements."
Il se dit encore de Ce qui appartient en particulier à quelqu'un. "Posséder un bien en propre. Les religieux n'ont rien en ."
Il se dit, en termes de Jurisprudence, des Biens qu'une personne tient de ses parents. "Les s paternels et maternels. Les s du côté du père, du côté de la mère."
"Propres anciens," Les biens immeubles qui étaient déjà des s dans la main de celui à qui on succède. "Propre naissant," Bien qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite.
PROPRE se dit également, par rapport à la communauté conjugale, des Biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en communauté. "Cette femme demande le remplacement de ses s, que son mari a aliénés."
En termes de Liturgie catholique, "Propre du temps," Série des offices spéciaux pour les différents temps de l'année. "Propre des saints," Série des offices spéciaux pour les différentes fêtes. "Propre de certains diocèses," Série des offices spéciaux pour certains lieux. "Le du diocèse".
PROPRE s'emploie encore comme nom masculin dans l'expression ironique et familière : "C'est du ," dont on se sert pour donner son sentiment sur une chose mal matériellement ou figurément.



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 



 1   Qui appartient exclusivement à une personne, à une chose (en ce sens il se met d'ordinaire avant son substantif).
CORN.: « Et de quel front, seigneur, prend-il une couronne, S'il ne peut disposer de sa personne ? »
MOL.: « Sganarelle : Je veux savoir de vous si je ferai bien de me marier. - Géronimo : Qui, vous ? - Sganarelle : Oui, moi-même en personne »
SÉV.: « Mais enfin je veux songer pour la première fois de ma vie à mes s intérêts »
BOSSUET: « Les Juifs vivent en paix et en liberté sous la puissance des rois de Syrie, et ils n'avaient guère goûté une telle tranquillité sous leurs s rois »
BOSSUET: « Vous allez voir une reine qui, à l'exemple de David, attaque sa grandeur »
BOSSUET: « Le meurtre de Virginie, que son père aima mieux tuer de sa main que de la laisser abandonnée à la passion d'Appius »
BOSSUET: « Tellement qu'elle a perdu pour son bien cette puissance qu'elle avait pour le bien des autres »
BOSSUET: « Une reine fugitive à qui sa patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil »
BOILEAU: « Et qui vont tous les jours, d'une importune voix, T'ennuyer du récit de tes s exploits »
RAC.: « Je prétends vous traiter comme mon fils »
FÉN.: « Notre raison est ce qui nous est le moins , et ce qu'on doit croire le plus emprunté »
LESAGE: « Crispin : Est-ce là M. Oronte, mon illustre beau-père ? - La Branche : Oui, vous le voyez en original »
J. B. ROUSS.: « Préparez-vous à voir ces oppresseurs Dans les accès de leur rage ennemie Vous barbouiller de leur infamie »
VOLT.: « Quand on a bien cherché le bonheur, on ne le trouve jamais que dans sa maison »
VOLT.: « On ne voit dans le Nord aucune femme régner de son chef jusqu'à Marguerite de Valdemar, qui gouverna quelques mois en son nom, vers l'an 1377 »
VOLT.: « Un de ces vaisseaux avait été construit de ses s mains [le czar Pierre] »
    Il se met aussi quelquefois après son substantif. Soyez tranquille sur le succès de votre demande, j'en fais mon affaire .
BOSSUET: « Les deux lettres que j'aurai soin de rendre en main »
MASS.: « Dieu demande-t-il de vous que vous commenciez par corriger les passions d'autrui, ou par pleurer vos passions s ? »
MASS.: « Un zèle qui cherche les périls n'est pas un zèle du salut d'autrui, mais une indifférence criminelle pour son salut »
VOLT.: « Les rois de France avaient alors pour revenus leurs biens s et non ceux des peuples »
    On dit aussi : le caractère , la valeur , les qualités s, le mérite , etc. d'une chose.
BOSSUET: « On remarque, dans l'Écriture sainte, que Dieu donne aux maisons royales certains caractères s »
    Se rendre , s'approprier une chose.
CONDILL.: « Plusieurs écrivains qui ne sont plus, ou qui se distinguent parmi les modernes, ont chacun un caractère que notre langue s'est peu à peu rendu »
    Amour-propre, voy. AMOUR.

 2   Nom , voy. NOM, n° 16.

 3   Le sens, la signification d'un mot, le sens naturel et primitif d'un mot, par opposition à sens figuré.

 4   Terme d'astronomie. Le mouvement d'un astre, le mouvement réel d'un astre, par opposition à son mouvement apparent.
    Terme de géographie ancienne. La Grèce , la partie de la Grèce, dite par les Romains Achaïe, et qui comprenait l'Attique, la Béotie, la Phocide, la Locride, l'Étolie et l'Acarnanie.
    La Grèce signifie aussi la Grèce ment dite, par opposition à la Grande Grèce et aux autres colonies grecques situées hors de la mère patrie.

 5   Exactement semblable, même ; en ce sens, il s'emploie par énergie, et se met avant le substantif. Vous demeurez dans la maison où il logeait.
CORN.: « Avant ce jour fini, ces mains, ces s mains Laveront dans mon sang la honte des Romains »
MOL.: « Ce sont ses s mots »
SÉV.: « Voilà l'aventure de mon pauvre fils [danger couru à la bataille de Senef, livrée lorsque la paix était déjà faite] ; et c'est ainsi que l'on en usa le jour que la paix commença »
SÉV.: « C'était un samedi, c'était le jour de la disgrâce de ce pauvre homme »
VOLT.: « Le pape [Grégoire VII] était alors dans la forteresse de Canosse sur l'Apennin avec la comtesse Mathilde, cousine de l'empereur »
VOLT.: « Cet ancien auteur phénicien avoue en s mots qu'il a tiré une partie de son histoire des écrits de Thaut »

 6   Particulier. La poésie et la prose ont chacune une harmonie qui leur est .
PASC.: « Nous y trouvons des choses que l'esprit qui nous fait agir n'y a pas formées »
LA BRUY.: « Autant admirateur du mérite, que s'il lui eût été moins et moins familier »
MASS.: « Les passions, qui d'ordinaire sont la source des dégoûts de la vertu, ont cela de que plus on les réprime, plus elles deviennent dociles »
    Sucs s, sucs colorés qui appartiennent à certains végétaux seulement, et vaisseaux s, les espaces qui les renferment.
    Pédoncules, pétioles s, dernières divisions d'un pédoncule et d'un pétiole communs, formant le support immédiat de la fleur et de la feuille.

 7   Convenable à quelqu'un ou à quelque chose. Les qualités s au commandement. Cela est à toutes sortes de gens.
SÉV.: « Quand on songe que c'est une affaire qui dépend de M. Colbert, on tremble, en sorte que, si je trouvais un autre hasard qui nous fût , je le prendrais »
SÉV.: « Aimez-moi tous deux, car votre amitié est pour moi une chose admirable ; je vous renvoie vos mêmes paroles, je les ai trouvées très s pour ce que je pense »
SÉV.: « Elle [la fille aînée de Mme de Grignan] serait abbesse ; cette place est toute aux vocations un peu équivoques : on accorde la gloire et les plaisirs »
BOSSUET: « Ce texte [tout est vanité], qui convient à tous les états et à tous les événements de la vie, par une raison particulière devient à mon lamentable sujet »
BOSSUET: « Quelle autre créature fut jamais plus à être l'idole du monde ! »
MONTESQ.: « Les hommes, par leurs soins et par de bonnes lois, ont rendu la terre plus à être leur demeure »
VOLT.: « Si on avait eu un théâtre libre, pour l'action, tel qu'il est chez toutes les autres nations de l'Europe »
    Seul convenable à, réservé à. Le midi est l'exposition de cet arbuste. Le sable est le terrain de cette plante.

 8   En parlant des personnes, qui a l'aptitude, les qualités nécessaires pour quelque chose.
SÉV.: « Un homme de votre âge, de votre humeur, si à la société et à rendre une femme heureuse »
SÉV.: « Je ne songe point encore au voyage de Nantes ; j'y fais exécuter des gens qui me doivent : je serais peu à ces sortes de choses »
SÉV.: « Je vous écris peu de nouvelles.... d'ailleurs je n'en sais point ; je serais toute à vous dire que M. le chancelier a pris un lavement [Séguier, qui n'allait jamais au conseil sans avoir pris un lavement] »
BOSSUET: « Durant douze ans qu'elle fut dans le monastère, on lui voyait tant de modestie et tant de sagesse, qu'on ne savait à quoi elle était le plus , ou à commander, ou à obéir »
RAC.: « Un enfant est peu à trahir sa pensée »
D'ALEMB.: « Descartes les jugeait [les femmes] plus s que nous à la philosophie, et une princesse malheureuse a été son plus illustre disciple »
BEAUMARCH.: « On pensa à moi pour une place ; mais par malheur j'y étais »

PROVERBE Qui est à tout n'est à rien, ou, simplement, à tout, à rien.
LA BRUY.: « Il est à tout, disent ses amis ; ce qui signifie toujours qu'il n'a pas plus de talent pour une chose que pour une autre, ou, en d'autres termes, qu'il n'est à rien »
DUBOS: « Un de ces esprits indéterminés qui ne sont s à tout que parce qu'ils ne sont s à rien »
PICARD: « Quand on veut tout savoir, que peut-on savoir bien ? Qui se croit à tout, souvent n'est à rien »
    S. m. Populairement. Un à rien, un homme qui n'a d'aptitude ni de goût pour aucune sorte de travail.

 9   Qui peut servir à. Ce bois est à bâtir. Ce remède est à telle maladie.
SÉV.: « C'est [Port Royal des Champs] un vallon affreux, tout à faire son salut »
SÉV.: « Les Rochers sont tranquilles et tout s à vous conserver votre chère mère pour vous revoir »
SÉV.: « La presse n'est pas grande à soupirer pour elle [la charge de Ch. de Sévigné], quoiqu'elle soit à faire soupirer »
SÉV.: « Vous aurez M. de Coulanges.... Grignan est tout pour le charmer »
BUFF.: « Le bec de la frégate, très à la proie, puisqu'il est terminé par une pointe perçante et recourbée »
    Propre à, suivi d'un verbe actif avec le sens passif.
CORN.: « Cet avis est plus à donner à la reine »
    Il se dit aussi, en mauvaise part, de ce qui peut produire un effet fâcheux. La conduite de son fils est à lui causer un violent chagrin. Ce remède est à augmenter la maladie.

 10   Mal , qui n'est pas à, qui ne convient pas (locution tombée en désuétude à cause de la confusion de sens, mal signifiant sale aussi).
CORN.: « Et nous parlons peut-être avec trop d'imprudence Dans un lieu si mal à notre confidence »
MOL.: « Monsieur, je suis mal à décider la chose »
MOL.: « Je me sens mal à bien exécuter ce que vous souhaitez de moi »

 11   Le mot , l'expression , le mot, l'expression qui seule convient et rend précisément la pensée.
LA BRUY.: « L'on doit avoir une diction pure, et user de termes qui soient s, il est vrai ; mais il faut que ces termes si s expriment des pensées nobles, vives, solides »
VOLT.: « Le grand malheur de tant d'auteurs est de n'employer presque jamais le mot ; ils sont contents pourvu qu'ils riment ; mais les connaisseurs ne sont pas contents »
VOLT.: « Que le mot est rare, mais qu'il est nécessaire ! »
BARTHÉL.: « Les mots s, répondit Euclide, forment le langage de la raison ; les expressions figurées, celui de la passion »
BARTHÉL.: « D'où vient que les malheureux trouvent avec tant de facilité le secret d'attendrir et de déchirer nos âmes ? c'est que leurs accents et leurs cris sont le mot de la douleur »
    Cette langue n'a point de mot , de terme , pour désigner telle chose, elle n'a point de mot, de terme qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.

 12   Bien soigné, bienséant, bien arrangé (par une extension facile à concevoir du sens de convenable).
MOL.: « Comment, monsieur Jourdain, vous voilà le plus du monde ! »
    Populairement. Il est , il est dans de mauvaises affaires.
    Il se dit aussi des choses. Ses habits sont toujours fort s.
SÉV.: « Je fis mon lundi gras avec la princesse : un petit dîner aussi bon, aussi délicat, aussi qu'il est possible »
    On dit de même : Son écriture est et bien rangée.
    Par dénigrement. C'est quelque chose de que vous m'offrez là.
    Substantivement et dans le même sens de dénigrement, le peuple dit : C'est du ! En voilà du !

 13   Net, par une extension facile du sens de bien rangé, de soigné ; il est opposé à sale. Cet escalier n'est pas .
    Propre sur soi, dont la personne est très nette ainsi que le vêtement.
ROLLIN: « Quoique très pauvre, il [Socrate] se piquait d'être sur soi et dans sa maison »

 14   S. m. Qualité distinctive.
BOSSUET: « Le des os est de tenir le corps en état, et de lui servir d'appui »
LA BRUYÈRE: « Le de ce spectacle [l'opéra] est de tenir les esprits, les yeux et les oreilles dans un égal enchantement »
VOLT.: « C'est le des grands hommes d'avoir de méprisables ennemis »
D'ALEMB.: « Si le du génie est de créer en grand, celui de l'esprit dans les petits ouvrages est d'imaginer, celui du talent est de mettre en oeuvre, et celui du goût de mettre en place »
CONDIL.: « Les définitions et les analyses sont ment des périphrases dont le est d'expliquer une chose »
RAYNAL: « Le des hommes est de s'instruire beaucoup plus par l'épreuve des maux que par la jouissance des biens »
    Ce qui appartient particulièrement à.... Le des jeunes gens est d'être légers.
BOURD.: « Si c'est le des rois de juger les peuples, il n'est pas moins vrai que c'est le de Dieu de juger les rois »
BOURD.: « Le de la justice est de conformer le châtiment à l'offense »

 15   Le , le sens primitif, naturel d'un mot. Prendre un mot au . Le et le figuré.
J. J. ROUSS.: « Il parle ordinairement au et seulement pour être entendu »

 16   Terme de jurisprudence. Immeuble qui appartient à une personne par succession. Ce bien était un .
SAINT-SIMON: « Clagny, bâti par Mme de Montespan en son , passa à M. le duc du Maine »
MONTESQ.: « Ainsi s'établit, malgré la disposition du droit romain et de la loi salique, cette règle du droit français : s ne remontent point »
MONTESQ.: « Dans un pays où une coutume locale a disposé des s, Bodin dit très bien qu'il ne faudrait confisquer que les acquêts »
    Fig.
DUFRÉNY: « Ma nièce, monsieur, ne peut s'aliéner ; C'est comme un ; enfin on va vous chicaner »
    Propre ancien, bien immeuble qui vient de l'aïeul ou au-dessus.
    Propre naissant, bien immeuble qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite.
    Il se dit aussi des biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en communauté.
FÉN.: « Il serait bon que les femmes sussent ce que c'est que , ce que c'est que communauté »
    Propres par stipulation, se dit, par exemple, d'une dot qui consiste en argent, ce qui se nomme aussi fictif.

 17   Dans le langage général, ce qui appartient à quelqu'un.
RÉGNIER: « Qu'ils ont comme leur en leur grange entassé ! »
BOSSUET: « Ils ne possèdent point de biens en »
LA BRUY.: « Gnathon.... oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie ; il se rend maître du plat, et fait son de chaque service »
SAINT-SIMON: « Le roi.... lui conta que l'extrême besoin de ses affaires l'avait forcé à de furieux impôts.... qu'à la fin il s'en était ouvert au P. Tellier, qui lui avait demandé quelques jours pour y penser, et qu'il était revenu avec une consultation des plus habiles docteurs de Sorbonne qui décidait nettement que tous les biens de ses sujets étaient à lui en »
VOLT.: « Sans compter la jument Borac sur laquelle il [Mahomet] monta au ciel ; mais il ne l'avait que par emprunt, elle appartenait en à l'ange Gabriel »
J. J. ROUSS.: « La première idée qu'il faut lui donner [à l'enfant] est moins celle de la liberté que de la propriété ; et, pour qu'il puisse avoir cette idée, il faut qu'il ait quelque chose en »
    Fig.
D'ALEMB.: « Cette louange [du courage, en Louis XIV, vieux et malheureux] eut du moins le mérite que n'avaient pas eu tant d'autres ; elle appartenait en au monarque, et n'était ni basse, ni exagérée »
    Fig. De son , de son fond, de sa intelligence, connaissance, etc.
PASC.: « Je n'entreprendrais pas de vous porter ce secours [consolations] de mon »

 18   Terme de liturgie catholique. Le du temps et le des saints forment la division des fêtes de l'année liturgique de l'Église romaine. Le du temps est l'ensemble des offices qui se font conformément à l'esprit du temps où l'on se trouve. Le du temps se divise en cinq grandes époques appelées : le temps de l'Avent, le temps de Noël et de l'Épiphanie, le temps de la Septuagésime et du Carême, le temps pascal et les dimanches après la Pentecôte. Le des saints est l'ensemble des offices qui se font conformément à l'esprit des fêtes que l'Église a instituées en l'honneur des mystères de la sainte Vierge et des saints ; on le divise en trois classes de fêtes : les fêtes de la sainte Vierge ; les fêtes des anges ; les fêtes des saints.
    Propre de certaines églises, ce qui ne se dit qu'en certains lieux.

 19   Dans la scolastique, le ou la propriété était un des cinq universaux.

 20   Propres s'est dit au pluriel, au sens de proches, de parents.
GUI PATIN: « M. Vautier qui n'a jamais fait de bien à personne, pas même à ses s »

REMARQUE
    1. Les s termes sont les mêmes mots sans y rien changer. Des termes s sont des mots qui expriment bien et selon l'usage de la langue ce que l'on veut dire.
    2. Il a été dit que, dans le sens du 1°, se met d'ordinaire avant son substantif. Le fait est que jadis il n'y avait point d'usage à cet égard, et que se mettait, suivant l'oreille, tantôt avant, tantôt après. Mais à mesure que le sens de net s'est davantage attaché à , l'usage a montré de la tendance à le mettre avant son substantif, au sens du 1°. Cependant l'on doit dire qu'on peut user de l'ancienne liberté, toutes les fois qu'il n'y aura pas lieu à une confusion ridicule avec le sens de net.
    3. Dans le sens de net, suit le substantif : un habit , une femme .

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Lois de Guill. 18: Li burgeis qui ad en soun chatel [un bien, un avoir] demi marc vailant
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Et sor tout ce doit li parleres [l'orateur] user moz s biaus et acostumez »
     la Rose, 8486: Trestuit pareil [égaux] estre soloient, Ne riens avoir ne voloient
     Chr. de Rains, 195: C'est la coutume au roi de France que, s'il va en ost sour aucun baron, çou qu'il conquest par force li demeure à tous jors
    XIVème siècle
ORESME: « Il dit en aucuns textes que le jeune de aage ou de meurs n'est pas auditeur de polithiques »
    XVème siècle
FROISS.: « Malgré le l roi et tous ses aidans »
O. DE LA MARCHE: « Les fruits et feuilles et fleurs furent si ment faitz, qu'ils sembloient ment arbres et s fruits, et les faisoit très beau voir »
COMM.: « Comme luy mesmes m'a compté »
    XVIème siècle
CALV.: « Si je me veux monstrer innocent, ma bouche me condamnera »
MONT.: « Voire contre sa creance »
MONT.: « L'argument le plus au temps et au lieu »
MONT.: « Elle estoit cousue à un ruban à rattacher soubs le menton »
MONT.: « Le jour que le roy mourut.... »
MONT.: « Le roy François fut au [à même] d'eslire, ou de.... ou de.... »
MONT.: « Que ne plaist il un jour à nature nous faire veoir au ses moyens ? »
LOYSEL: « Le mari ne pouvant directement ou indirectement obliger les s de sa femme »
AMYOT: « Le premier des noms que portoient les Romains, comme Caius, estoit leur : le second, comme Martius, estoit le nom de la famille et maison »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. prôpe ; provenç. propri ; espagn. propio ; ital. proprio ; du lat. proprius, qui se rattache à prope : ce qui approche, ce qui touche. Propre a passé de son sens primitif à celui de con venable, puis, devenant tout à fait spécial. à celui de net ; cette dernière acception ne paraît pas ancienne ; on en trouvera un exemple du XVIe siècle à l'historique de ment.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Qui appartient à quelqu'un, exclusivement à tout autre. "C'est son fils. C'est sa substance. Il y a mis, il y a mangé son bien. Ses s amis étaient contre lui. Il n'entend pas ses s affaires, ses s intérêts. Je l'ai vu de mes s yeux. Je l'ai entendu de mes s oreilles. Je le sais par ma expérience. Je l'aime comme mon frère. Écrire de sa main. Donner quelque chose à quelqu'un en main . Être abandonné à sa conduite. Il y est allé en personne. C'est l'offenser dans sa personne. Il a fait cela de son mouvement. Il en est tenu en son et privé nom. On ne peut être juge dans sa cause. Soyez tranquille sur le succès de votre demande, j'en fais mon affaire ." On dit aussi, "Le caractère , la valeur , les qualités s, le mérite , etc., d'une chose." Dans toutes ces phrases, "Propre" est employé par une espèce de rédondance, et pour donner plus d'énergie à la phrase.
"Nom ," Nom qui ne convient qu'à une seule personne ou à une seule chose: il est opposé à "Nom commun. Les noms de famille, de pays, de fleuves, de montagnes, etc., comme Buffon, Paris, la Seine, les Alpes, etc., sont des noms s."
"Le sens, la signification d'un mot," Le sens naturel et primitif d'un mot; à la différence du "Sens figuré," Celui qu'un mot ne reçoit que par métaphore. "Ce mot, dans sa signification , veut dire telle chose. Dans le sens , ce mot signifie telle chose, et dans le sens figuré telle autre." On dit, absolument et substantivement, "Le ," dans le même sens. "Le et le figuré. Prendre un mot au . Au , ce mot signifie telle chose."
"Le mot ." Voyez plus bas.
En Astron., "Le mouvement d'un astre," Le mouvement réel d'un astre, par opposition à son "mouvement apparent."
En termes de Géogr. ancienne, "La Grèce ," Cette partie de la Grèce ment dite, que les Romains nommèrent Achaïe, et qui comprenait l'Attique, la Béotie, la Phocide, la Locride, l'Étolie et l'Acarnanie. "L'Afrique " était la même chose que "l'Afrique" ment dite.
"Amour-propre," L'amour qu'on a pour soi-même. "L'amour- bien réglé, renfermé dans de justes bornes, n'est point un défaut." Il se prend ordinairement en mauvaise part, et signifie alors, Un amour déréglé de sa personne, une opinion trop avantageuse de soi-même. "C'est un homme plein, rempli d'amour-propre. Il est pétri d'amour-propre. Flatter, caresser, offenser, blesser l'amour- de quelqu'un. Ce jeune homme a trop d'amour-propre. C'est par amour- qu'il a fait cette sottise."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, Même, exactement semblable. "Il a dit cela en ces s termes. C'est, en s termes, ce qu'il a répondu. Je vous rapporte ses s paroles, les s paroles dont il s'est servi. Vous demeurez dans la maison où il logeait. Le jour de sa naissance. Sa maladie commença le jour que la mienne finit." Il se dit par rédondance, et pour exprimer l'identité avec plus d'énergie.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Convenable à quelqu'un ou à quelque chose. "Cela lui serait extrêmement . Cela est à toutes sortes de gens. Rien n'est plus à les réunir que votre présence. Il n'a aucune des qualités s au commandement."
Il se dit souvent Des personnes, et signifie, Qui a l'aptitude, les qualités, les talents nécessaires pour réussir en quelque chose. "Cet homme est à l'étude. Il a un coup d'oeil, un sang-froid et un courage qui le rendent pour la guerre. Quand on est si faible de corps, on n'est pas à la guerre. Il n'est pas aux affaires. Il est à tout. Il n'est à rien."
Prov., "Qui est à tout, n'est à rien," ou simplement, "Propre à tout, à rien."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Qui peut servir, qui est d'usage à certaines choses. "Ce bois est à bâtir. Ce moellon est à faire des fondements. Cette herbe est à faire tel médicament. Ce remède est à telle maladie, à guérir telle maladie. Le calme de la campagne est plus pour le recueillement d'esprit, que le tumulte de la ville."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie quelquefois en parlant De ce qui peut produire un effet fâcheux, nuisible. "Rien n'est plus à les désunir que cette rivalité. Ce remède est à augmenter la maladie."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



suivi de la préposition "de," signifie non-seulement, Convenable, mais encore, Seul convenable, réservé à. "Le sable est le terrain de cette plante. Le pic et la houe sont la culture de ce sol, la charrue n'y vaudrait rien. Le midi est l'exposition de cet arbuste."
"Le mot, l'expression, le terme ," Le mot, le terme qui seul rend exactement l'idée. "Il s'est servi du mot . Il est souvent fort difficile de trouver l'expression , le terme ."
"Cette langue n'a point de mot , de terme pour désigner telle chose," Elle n'a point de mot qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Net; et en ce sens il est opposé à Sale. "Cet homme, cette femme est très-propre, n'est pas . Avoir les mains s. Cette chemise est encore , ne la mettez pas au linge sale. Cette chambre, cet escalier n'est pas ."
Il signifie aussi, Bienséant, bien arrangé. "Ses habits sont toujours fort s. Il est toujours fort dans ses habits, dans ses meubles. Il est toujours et bien mis. Il est jusqu'à l'excès. Être sur soi. Il est toujours très- sur lui. Il est sans affectation. Un ameublement fort . Une garniture très-propre." On dit de même, "Son écriture est et bien rangée."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est quelquefois substantif masculin, et signifie, La qualité particulière qui désigne un sujet, et qui le distingue de tous les autres. "C'est le de l'homme de penser et de parler. Le des oiseaux, c'est de voler. Le du chien est d'aimer l'homme. Le du singe est de contrefaire."
Il se dit aussi de Ce qui convient particulièrement à chaque profession, à chaque caractère, à chaque âge, etc. "Le des esprits faibles est d'être lâches et vindicatifs. C'est le des jeunes gens d'être légers et présomptueux. Le du courtisan est d'être souple et perfide."



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'est dit, en Jurisprudence, Des biens immeubles qui appartiennent à une personne par succession. "La coutume de Paris ne permettait de disposer par testament que du quint de ses s. Ce bien était un . Cela lui tint lieu de . Les s paternels et maternels. Les s du côté du père, du côté de la mère."
"Propres anciens," Les biens immeubles qui étaient déjà des s dans la main de celui à qui on succède. "Propre naissant," Bien immeuble qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite.



10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'est dit également, par rapport à la communauté conjugale, Des biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en communauté. "Propre fictif. Cette femme demande le remplacement de ses s, que son mari a aliénés."
"Avoir en , posséder en ," Avoir, posséder quelque chose en propriété. "Il avait cette maison à loyer, il l'a maintenant en ." On dit de même, "Les religieux n'ont rien en ," Ils ne possèdent rien en particulier, et dont ils puissent disposer.
En termes de Liturgie cathol., "Propre du temps," Ce qui ne se dit qu'en certains temps de l'année. "Propre des saints," Ce qui ne se dit qu'en certaines fêtes. "Propre de certaines églises," Ce qui ne se dit qu'en certains lieux.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Adjectif 

PROPREMENT, adv. PROPRET, ETTE, adj. PROPRETÉ, s. f. PROPRIÉTÉ, s. f. PROPRIÉTAIRE, subst. ["Propre", "preman", "prè", "prète", "preté", "prié-té", "tère:" 2e "e" muet au 1er, 2d et 5e, "é" fer. au 6e et 7e: 3e "é" fer. au pénult. "è" moy. et long au dern.] "Propre" a plusieurs significations: 1°. "Qui apartient à" quelqu'un, à l'exclusion de tout aûtre: 'C'est son "propre" fils: je l'aime comme mon "propre" frère: écrire de sa "propre" main: doner "en main ": Faire quelque chôse de son "propre" moûvement, "etc." = "Amour" , l'amour déréglé de soi-même. Voy. AMOUR, à la fin. = 2°. Même: en "propres" termes: ce furent ses "propres" paroles.
- 3°. En "Gramaire", qui convient particulièrement à chaque mot. 'Le nom, le mot, le terme "propre". 'Dans cette langue, il n'y a point de terme "propre", pour signifier telle chôse. Prendre un mot "dans le sens ", ou, substantivement, "au ", dans le sens litéral, comme oposé au sens "figuré" et métaphorique.
- 4°. "Convenable à". Il régit le datif: cela "lui" serait extrêmement "propre:" cela est " à" toutes sortes de chôses.
- 5°. "Qui peut servir à", qui est d'usage pour: 'Bois " à bâtir"; herbe " à faire" un tel médicament; " à guérir les" brûlûres. = "Propre à" et " pour". La prem. de ces locutions désigne plutôt un pouvoir éloigné; et la seconde, un pouvoir prochain. L'homme " à" une chôse, a des talens relatifs à la chôse: l'homme " pour" la chôse a le talent même de la chôse. Un homme " à" tout, n'est pas également " pour" tout.... Un objet est " pour" faire, et " à" devenir. "Ext. des Synon. Fr." de M. l'Abé "Roubaud".
- 6°. "Net": Homme qui est três-"propre", qui n'est pas "propre". = 7°. "Bien-séant", bien arrangé. 'Il est fort "propre" dans ses habits, dans ses meubles: il a toujours des habits fort "propres": il "ou" elle est "propre" jusqu'à l'excês.
- 8°. "S. m." Qualité, qui distingue un sujet de tous les aûtres. '"Le des" oiseaux, c'est "de voler": c'est "le de" l'envie, non-seulement "de se réjouir" du mal, mais encore, "d'en suposer", et "d'en faire". Cerutti. "Apol. de l'Instit."
- 9°. Au plur. et en termes de Jurisprudence, "les s", les biens du mari ou de la femme, qui n'entrent point en comunauté.
   "Rem." Cet adjectif a quelquefois un sens diférent, selon qu'il est placé devant, ou aprês le substantif. 'Les "propres termes", ce sont les mêmes mots, sans y rien changer; (n°. 2°.) Des "termes s", sont des mots qui expriment bien, et suivant l'usage, ce qu'on veut dire, (n°. 3°.)
- La justesse dans le langage, dit M. "Beauzée", exige que l'on choisisse scrupuleûsement les "termes s": la confiance dans les citations dépend de la fidélité à raporter les "propres termes" des livres, ou des actes qu'on allègue. = Dans le 1er sens, il doit marcher devant le substantif":" c'est son "propre" bien. "Rousseau" dit à Dieu:
   Mes jours sont ta "propre" cause,
   Et "c'"est toi seul, que j'opose
   À~ mes jaloux énemis.
* Quelques Auteurs l'ont placé mal-à-propôs aprês. "Corneille" dit, "de ma main ", pour, "de ma main".
   Et tu dédaignes la victoire,
   Que j'ai~ "de ma main " atachée à tes pas.
La mesûre du vers a ocasioné cette construction irrégulière. 'Votre expérience "propre"; MASC. 'Le voilà vaincu, de son aveu "propre"; BOSS. 'Le P. Robert de Nobilibus, neveu "propre" du Cardinal Bellarmin. "Let. Édif."
- L'"Académie" elle-même a dit aûtrefois, dans "ses Sentim." sur le "Cid": 'Il n'y avoit pas d'aparence de s'imaginer que "Chimène" se résolût à faire cette vengeance avec "ses mains s". L'équivoque de "ces mains s", (nettes) rend cette dernière transposition presque ridicule. Il faut, de ses "propres" mains; le "propre" neveu; de son "propre" aveu; votre "propre" expérience. = "Corneille", dans deux vers, qui se suivent, le met une fois aprês, et une fois devant.
   Il veut de sa main "propre" enfler sa renomée,
   Voir de ses "propres" yeux l'état de son armée.
On serait plus exact et plus délicat aujourd'hui. = Dans le sens marqué n°. 5°, il régit "à" et l' infinitif: "Mallebranche" y substitûe toujours la prép. "pour". 'Une disposition de cerveau " pour" (à) "recevoir" des traces fort profondes. = "Propre", employé substantivement, n'a pas pourtant tous les privilèges des substantifs. Il régit, comme la plupart, la prép. "de"; mais je ne crois pas qu'on puisse, comme avec les aûtres noms, la remplacer par des pronoms possessifs. On dit, c'est "le de" la vertu, "de forcer" ses énemis mêmes à la respecter: mais je ne crois pas qu'on puisse dire des passions":" "leur est de voiler" l'esprit du bandeau le plus épais.
   EN PROPRE, adv. 'Tous ceux qui "ont" des terres "en " (n°. 1°.) les font valoir par eux-mêmes. "Hist. du Japon". 'Les Religieux "n'ont" rien "en ".
   PROPRET, ne se dit que dans le 7e sens de "propre", dont il est le diminutif: vieillard "propret"; personne "proprette". = "S. m." 'C'est "un t".
   PROPREMENT a le 2d sens de "propre": la Grèce, l'Asie, l'Afrique "proprement" dite; et le 3e sens: Cet homme parle, s'exprime "proprement:" ce mot se dit "proprement" dans un tel sens. = "À~ ment parler", et "proprement dit"; le 1er s'unit aux verbes, et le 2d aux noms. * Le Traducteur de "l'Histoire d'Angl." emploie l'un pour l'aûtre. 'Ils (les Députés) ne composoient pas, "proprement dit", une partie essentielle du Parlement. Il devait dire: ne composaient pas, ment parler". 'La retenûe des biens de Lancaster ne fut, "proprement dit"ment parler) que la révocation d'une grâce, "etc." 'Ailleurs, il dit, "proprement parlant". 'Ce fut, "proprement parlant", le 1er vaisseau de la Marine Anglaise. "Proprement parlant", ne vaut guère mieux que "proprement dit", avec les verbes. = "Proprement" signifie encôre, "nettement", avec té, (n°. 6°. et 7°.) 'On mange "proprement" chez lui: doner "proprement" à manger. = Avec adresse, "ou" d'une manière agréable. 'Chanter, danser, travailler "proprement". 'Être habillé, mis, meublé "proprement".
   PROPRETÉ et PROPRIÉTÉ ont des sens diférens: l'un correspond au n°. 6°. et 7°. et l'aûtre, au n°. 1°. et 3°. de "propre". '"La té" du corps contribûe à la santé. 'Il est d'une grande "propreté" sur sa persone.
- '"La propriété des" biens, "la propriété des" mots.
   * Autrefois on le disait pour "propreté". 'Le soin qu'on doit avoir pour "la propriété" et bienséance de toutes les chôses sacrées. "Saint François de Sales". = "Propriété", est aussi qualité, vertu":" "la propriété des" plantes, "de" l'aimant. = Qualité essentielle. 'L'impénétrabilité est "une propriété" de la matière dans son état naturel.
   PROPRIÉTAIRE ne s'emploie que dans le 1er sens; celui, celle qui possède en . '"Le propriétaire de" cette maison, "de" cette campagne. '"Le propriétaire" et l'usufruitier. "Le propriétaire" doit faire jouir le locataire, "etc."




Emplacement dans le dictionnaire :

proportionnément
proportionner
propôs
propos
proposant
proposé
proposer
proposeur
proposition

proprement
propret
propreté
propriétaire
proprietaire
proprieté
propriété
propulser
propulseur
propulsif
propulsion




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...empire, pennon d'amour et gonfalon, je vous donnai ma chevelure couleur des flots sous l'aquilon. Boucliers aux tendres devises, écus de pleine loyauté, je vous donnai mes fiers yeux contre votre propre vulgarité. Coupe de mélodie et baume, afin de vous extasier je vous donnai ma bouche vive, telles les roses au rosier. Dames d'atour et chambrières attentives à votre arroi, je vous donnai mes mains...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...en me le présentant à leur manière ; ceux qui traînent partout leur personnalité banale, leurs idées terre à terre, qui jettent sur toute poésie leur bave moqueuse, leur propre insensibilité, leur propre ineptie. La civilisation y est trop venue aussi, notre sotte civilisation coloniale, toutes nos conventions, toutes nos habitudes, tous nos vices, et la sauvage poésie s'en va, avec les coutumes et...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...plus. Au moral comme au physique, grand, fort, beau, avec quelques irrégularités de détails. à bord, il était le gabier infatigable, toujours à l'ouvrage, toujours vigilant, toujours leste, toujours propre. à terre, le marin en bordée, tapageur, ivre, c'était toujours lui ; le matelot qu'on ramassait le matin dans un ruisseau, à moitié nu, dépouillé de ses vêtements comme un mort, par les nègres...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...plus tard il lui faudra parcourir. Ainsi, durant ces minutes de clairvoyance, j'apercevais furtivement toutes sortes d'infinis, dont je possédais déjà sans doute, dans ma tête, antérieurement à ma propre existence, les conceptions latentes ; puis, refermant malgré moi l'oeil encore trouble de mon esprit, je retombais pour des jours entiers dans ma tranquille nuit initiale. Au début, ma tête toute...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...comme l'effondrement d'un point d'appui que rien ne me revaudrait plus. C'est, sans doute, parce que la persistance de certaines choses, de tout temps connues, arrive à nous leurrer sur notre propre stabilité, sur notre propre durée ; en les voyant demeurer les mêmes, il nous semble que nous ne pouvons pas changer ni cesser d'être. - je ne trouve pas d'autre explication à cette sorte de...


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